jeudi 18 décembre 2014

S.O2 EP.13 : What's up #2


Cette semaine, on continue à se faire plaisir. Tour de quelques nouveautés US marquantes des derniers mois, pour s'apercevoir encore de la vivacité, de la diversité, de la force du Hip Hop actuel, même si la forme a bien changé, et se montre parfois... déroutante.

L'émission : BCK MIR S.02 EP.13
La Playlist : BCK MIR S.O2 EP.13 PLAYLIST

Pour lire la lettre à Taubira évoquée en début d'émission : De Ferguson à Paris...

Pour lire le bouquin sur l'impunité policière en France, cliquez sur l'image :

Permis de tuer

Pour aller plus loin, pour lutter : Urgence notre police assassine

Pour lire le texte du morceau "Don't Die" de Killer Mike : Rap Genius

Pour télecharger les tapes citées dans l'émission, cliquez sur les pochettes :

http://www.hotnewhiphop.com/mick-jenkins-the-water-s-new-mixtape.115188.html

Archibal Slim

http://waxfase.bandcamp.com/

(Hélas son album "Pullin' Strings", bord chef d'oeuvre, est payant)

K.Gates

Luca Brasi 2


Boosie

Et des vidéos... On commence par le fameux "Boom" de Royce da 5'9, moitié du groupe PRhyme, avec déjà Premier à la prod :







Les deux très beaux clips de Mick Jenkins :













Et la tape de l'année, encore une fois !

LIL HERB

vendredi 12 décembre 2014

Saison 2 , Episode 12 : What's up ?




Pour ceux et celles qui croient qu'on est tourné vers le passé, nostalgique, inconsolable de l'âge d'or, une émission spéciale nouveautés rap US des derniers mois. L'occase de constater une fois de plus que le hip hop s'est expatrié de NYC depuis bien longtemps, et trouve son expression la plus féroce dans les ghettos de Chicago, de la Louisiane, de l'Ohio, d'Atlanta... L'occase aussi pour ceux et celles qui suivent cette émission sans aimer le rap (ou ce qu'il est devenu) d'ouvrir grand leurs oreilles, parce que l'année 2014 nous offre de purs joyaux.

L'émission : BCK MIR S.O2 EP.12
La Playlist : BCK MIR S.O2 EP.12 PLAYLIST

Les tapes gratuites évoquées dans cet épisode, cliquez sur les pochettes pour download, pour l'illégal on vous laisse voir ça avec le FBI, brrrrr :


Run the Jewels 2 :

Run the Jewels 2 download

Boosie Badazz :


Boosie Badazz download




















Lil Bibby / Lil Herb :

Lil Bibby / Lil Herb Download


















Lil Bibby Download




















Kevin Gates :

Luca Brasi Download




















Dreezy :

Dreezy download




















OG Maco :

OG Maco Download

jeudi 11 décembre 2014

Episode 12, les vidéos

Une grosse fournée de clips pour voir à quoi ressemblent tous ces blases :

















Killer Mike à Saint Louis, le lendemain du rendu (vomi) du grand jury :









Encore des vidéos en cliquant là :

jeudi 4 décembre 2014

S.O2 EP.11 : Selekta Spéciale B.Girls !



On quitte la Jamaïque. Retour aux Etats-Unis, de nos jours. Retour au Hip-hop, né dans les Block parties, avatar américain des Sounds systems de Kingston. Depuis les débuts, des filles se sont saisies du micro, mais elles ont pourtant toujours eu peu de visibilité. On les entend rarement, même dans Black mirror... A croire que par chez nous aussi on tombe dans le piège du rap game couillu.

On avait déjà fait de la pub pour sa compile Bouche Cousue 2. Cette semaine, Rima s'invite dans les studios et nous offre son panorama subjectif des rappeuses de maintenant qui n'ont pas la langue dans leur poche. Voyage à travers les différentes scènes musicales. Des ghettos de New York à L.A, en passant par Chicago, les femcees, comme on les appelle, prennent la parole pour exprimer leur quotidien, leur réalité, leurs rapports aux hommes et aux autres "biatch". Les flows arrachent, les morceaux percutent, la sélection n'est pas exhaustive. On prendra le temps dans de prochains épisodes de présenter d'autres scènes, de creuser les raisons de ce manque d'exposition et de reconnaissance, de raconter la longue histoire de femmes qui rappent, de la naissance du Hip-Hop à aujourd'hui.

L'émission : BCK MIR S.O2 EP.11
La Playlist : BCK MIR S.O2 EP.11 PLAYLIST

La mixtape de Dej Loaf : Dej Loaf - Sell Sole - IBGM

Celle de Gangsta Boo & La Chat : Gangsta Boo & La Chat - Witch - DJ Scream

Plein de tapes gratuites de filles qui rappent : Monkey mixtape


Un chouette mix historique (merci à Blod pour celle-là) : 25-years par Tilda Kawenge, expliqué comme ça : " Le principe est simple. Une rappeuse par an, (ou plusieurs quand il y a des featurings) en accord avec les dates de sortie de 1987 à 2012. Un grand plaisir tout le long même si j'ai une grosse préférence pour le trio du début 87-88-89 où figure notamment mon ultime rappeuse préférée ; Antoinette. C'est d'ailleurs son album "Who's the boss" dont j'ai détourné la pochette pour faire la mienne..." (Tilda Kawengé)

Et quelques vidéos pour se faire plaisir :















DES TONNES DE VIDEOS ENCORE PAR LA :


mercredi 3 décembre 2014

dimanche 23 novembre 2014

S02 EP.10 : Jah Rastafariii !


Dernier épisode du détour jamaïcain. En 1973, en effet, Les premières Block parties sont organisées dans le Bronx par le légendaire précurseur DJ Kool Herc, encore gamin, fraîchement débarqué de Trenchtown, un des pires ghettos de Kingston. C’est là aussi qu’avait grandi Bob Marley, lequel sort la même année son album « Catch A Fire » à l’international. La première version de cet album avait été enregistrée en Jamaïque. Les sessions de studio s’étaient déroulées sous la direction du grand Lee Perry, et sont sublimes. Mais Chris Blackwell, descendant de grands bourgeois blancs jamaïcains qui a émigré à Londres pour fonder le label Island et faire fortune en important la musique des ghettos de Kingston, ne l’entend pas de cette oreille. C’est lui qui, en rajoutant des guitares « bluesy » et un mix plus « rock », va façonner le son des Wailers qui inondera le monde. Un son moins rugueux, aseptisé, « blanchi ».

Pourtant, au même moment, les musiciens jamaïcains renouent avec leurs racines profondes, et se rappellent de la déportation d’Afrique, en intégrant à leurs compositions les tambours conservés par les descendants d’esclaves marrons. Dans cette lignée se développent des communautés qui pratiquent dans les collines une religion autochtone, qui s’appuie sur une réinterprétation Noire de la Bible, comme cela avait pu se passer quelques siècles plus tôt aux USA. Cette religion est Rasta. Une théologie de la libération. Le monde Blanc, Babylone, maintient en esclavage le peuple Noir, qui doit déserter, se retirer du monde, pour espérer rejoindre ensuite la Terre-Mère, Zion, l’Afrique. On croit en un Moïse Noir qui devra nous guider vers cette Terre Promise. Lorsqu’en 1930 Hailé Sélassié était monté sur le trône d’Ethiopie, les rastas s’étaient mis à le célébrer comme un Dieu vivant. Ce culte aurait pu rester confidentiel, si les autorités n’avaient pas fini par déclarer la guerre à ces communautés qui avaient fait sécession et souhaitaient vivre en autonomie complète. Quand le pouvoir détruit leurs villages, les fidèles sont contraints de rejoindre le ghetto. C’est là que Rasta va essaimer pour de bon. De nombreux musiciens embrassent cette religion, dont la pratique consiste essentiellement à méditer profondément, en ingérant en permanence des quantités phénoménales de weed sous toutes ses formes, tout en jouant les rythmiques de transe des anciens esclaves. L’immense succès de Bob Marley, fervent converti, finit de populariser cette foi et ses rituels.

Le reggae va rester inséparable pour longtemps de ce culte chanvré et de ces rythmiques ancestrales. L’occasion de reparler de l’esclavage en Jamaïque, et des nombreuses révoltes, parfois victorieuses, qui l’ont fait vaciller à plusieurs reprises à travers l’Histoire.


L'émission :  BCK MIR S.02 EP.10

Pour ceux et celles qui veulent explorer les innombrables versions du riddim "Stalag", lui aussi de 1973, et sample de la semaine : STALAG

L'excellente tape de Lil Bibby, tarte hip-hop du jour :





Scène trop drôle et bien représentative de cette religion ébouriffante dans le film "Babylon", qui se passe en 1980 dans le milieu des Sounds jamaicains :



Pour pécho "Le premier Rasta", film d'Hélène Lee sur Leonard Howell, fondateur du Pinnacle, la première grande communauté consacrée à Jah, et en lutte contre Babylone, ce qui lui vaudra toutes les persécutions du pouvoir blanc :


jeudi 13 novembre 2014

Saison 2, épisode 9 : Early Reggae, Rude Boys et politricks



En 1968, l’allégresse de l’indépendance paraît déjà bien loin en Jamaïque, qui s’enfonce de plus en plus dans la crise. Le chômage et la misère s’emparent de l’île durablement. Les deux partis qui se disputent le pouvoir laissent la situation sociale empirer, et arment les rude-boys pour faire régner la terreur chez l’adversaire. Les flingues inondent les shanty towns. La musique ne suffit évidemment pas à apaiser le ghetto, la violence atteint un niveau dramatique et explose à chaque élection. Le temps des chansons d’amour est vite révolu, pour laisser place peu à peu à une critique sociale explicite : la musique doit prendre position.

Le mot « Reggay » apparaît pour la première fois en 1968 dans un morceau des Maytals, comme une réponse au « Rocksteady » d’Alton Ellis deux ans plus tôt. Encore une danse. On entend dans ce « Do The Reggay » ce qui sera la signature pour longtemps de la musique jamaïcaine : un tempo encore ralenti, une guitare rythmique doublée d’un écho caractéristique, une basse plus lourde et chaloupée qui assure l’ossature et permet à la batterie de se libérer du battement pour virevolter, ornementer, parler. Ce reggae naissant va se faire conscious, il se tourne vers l’Afrique ancestrale et ses rythmes de révolte qui ont survécu à l’esclavage, vers les racines, les « roots ». Les tambours des maroons, ces anciens esclaves insurgés réfugiés dans les collines, s’invitent dans la musique populaire, comme pour affirmer une filiation directe entre esclavage et ghetto, entre révolte passée et colère présente. Les jamaïcains pauvres ont posé les bases de leur musique. Elle se nourrit de leur histoire particulière et sera bientôt indissociable, et pour longtemps, d’une religion qui leur est propre : Rasta.

C’est le Reggae qui va faire connaître cette minuscule langue de terre montagneuse au monde entier, à travers la B.O d’un film Noir, tourné dans le ghetto avec peu de moyens, qui raconte l’histoire de tous les rude-boys : « The harder they come », sorti en 1972. Jimmy Cliff, petit mec de la campagne monté à la capitale en rêvant de gloire, se retrouve vite contraint de tremper dans le trafic pour s’en sortir. A la manière d’un Stagger Lee des temps modernes, il est poursuivi par le pouvoir pour avoir buté un flic, et devient une légende du ghetto, qui le protège et l’adule. Succès mondial, essentiellement pour sa musique, le film offre pourtant une peinture de la vie des ghettos de Kingston qui frappe par son authenticité. Désœuvrement, espoir, violence, trafic, corruption, danse… tout y est, comme un précieux témoignage de cette période charnière tant au niveau musical que social et politique.



L'émission : BCK MIR S.O2 EP.09
La playlist : BCK MIR S.O2 EP.09 PLAYLIST





A lire : 


"Prouver que l'on peut courir plus vite ou sauter plus haut ou baiser plus longtemps ou fumer plus de drogue ou débattre d'un point de détail quelconque avec plus de machiavélisme et de crânerie qu'autrui, rester de marbre en toute circonstance et ne jamais montrer la moindre faiblesse, au point de pouvoir arrêter la circulation par la seule autorité qui émane de sa personne et tuer les mouches par la férocité et l'intensité de son regard - être la plus cool et la plus dangereuse et la plus raffinée des petites frappes sur Beeston Street - telle est l'épreuve de force quotidienne des rude boys. On appelle ça la pression (...) une détermination à vivre vite, à mourir jeune, et à avoir un cadavre qui présente bien"



L'enregistrement de la chanson titre du premier film jamaicain au succès mondial, prélude à l'explosion de reggae :




Toots & The Maytals, dans le film :




L'imparable scène d'Eglise :




Le génie de Lee Perry à l'oeuvre, un peu plus tard :



mardi 28 octobre 2014

S02 EP08 : Selekta rocksteady


Pour compléter l'émission de la semaine dernière, une sélection spéciale Rocksteady. Comment une si petite île a pu produire en si peu de temps autant de grandes chansons ? Les puristes trouveront peut-être certains morceaux débordant de la période ou des canons du genre. Mais il n'y a pas de rupture profonde entre le ska le rocksteady et le reggae dont nous parlerons la semaine prochaine. Tout provient des mêmes racines sociales et musicales, d'une soul commune. Pas beaucoup de bla bla pour cette épisode, grosses avaries matérielles, mais la sélection tâche de faire le tour de pas mal de tendances. Si comme chez Black Mir cette zik vous transperce, vous pouvez toujours aller voir sur ce blog de passionné : Dance Crasher. Au delà de ce qu'on pense des classements, l'érudition est impressionnante et c'est une mine d'informations et d'émotions.


La Tracklist de la semaine :  

01. Sabac Red feat. Immortal Technique - Fight until the end
02. Sabac Red -  Sabac Anthem
03. Lino - Wolfgang
04. Apollo Brown & Ras Kass - Strawberry
05. GZA - Shadowboxin'
06. Ann Peebles - Troubles, Heartaches and Sadness
07. Apollo Brown & Ras Kass - Girafe Pussy
08. Hopeton Lewis - Sound and Pressure
09. Derrick Harriott - The Loser
10. Derrick Harriott - Walk The Streets
11. Alton Ellis - If I Could Rule The World
12. Alton Ellis - Willow Tree
13. Alton Ellis - Black Man's World
14. Bobby Ellis - Step Sofyly
15. Jackie Mittoo - Summertime 
16. Norma Fraser - Respect
17. Leroy Sibbles - Groove Me
18. Tony Gregory - Get out my life Woman
19. Keith & Tex - Tonight
20. Keith & Tex - Stop that Rain
21. The Melodians - Little Nut Tree
22. The Versatiles - Teardrop Falling
23. The Gaylads - I am Free
24. The Gaylads - Walk the Proud Land
25. Bob Marley & The Wailers - Bent Down Low
26. Justin Hinds - Carry Go Bring Home (Rocksteady Version)
27. Errol Dunkey - You're gonna need me
28. Monty Morris - Put on Your Best Dress
29. Otis Gayle - I'll Be Around
30. Slim Smith - Hip Hug
31. The Spanishtonians - Rudie Get Plenty
32. Desmond Dekker - Rude Boy Train
33. Desmond Dekker - Beautiful & Dangerous
34. Waiting Souls - Pick Up
35. Johnny Nash - Hold Me Tight
36. Ken Boothe - Mustang Sally
37. Jackie Opel -Shelter The Strom

Le Podcast : BCK MIR S02 EP08

jeudi 23 octobre 2014

S02 EP07 : Time to rocksteady !


Les espoirs de l’indépendance jamaïcaine, dont le ska fut la bande son, ont vite été déçus. Le chômage se fait endémique, le nouveau pouvoir en place baigne dans la corruption, la misère ronge le ghetto, et avec elle la violence et la criminalité s’installent durablement. Les rude-boys, petites frappes des bidonvilles, vont peu à peu être instrumentalisés par les partis politiques, qui fonctionnent comme des gangs et règnent par la force sur leurs territoires d’ancrage.

Dans les sound-systems, on se lasse vite du ska. Cette musique trop rapide et joyeuse ne colle plus à la détresse du ghetto ; les vieux ne peuvent pas suivre le rythme pour toute une soirée ; les rude-boys ont tendance à régler leurs comptes dans ces fêtes de rue, et le mélange de rhum, de bière forte et de son tonitruant n’arrange rien à l’affaire. Pour couronner le tout, l’été 1966 bat tous les records de chaleur. Il faut calmer le jeu. Les musiciens de studio, qui fournissent la matière première aux selectors vont inventer une nouvelle formule . On ralentit le tempo. On éloigne les cuivres. La basse prend une place prépondérante, et se fait mélodique. La snare se décale sur le troisième temps. La disparition du R’N’B américain dans les sound-systems a créé une frustration, un besoin de soul music : on libère donc de l’espace dans le son pour y placer des voix, dont beaucoup de trios vocaux, sur le modèle du Doo-wop américain.

Une nouvelle musique était née, qui portera le nom d’une danse pratiquée par une des stars des dancefloors de Kingston, immortalisée par Alton Ellis dans le morceau « Time To Rocksteady » sorti en 1966. Les années qui vont suivre offrent un nombre incalculable d’immenses chansons gorgées de soul, et des voix sublimes se révèlent. Pour beaucoup, c’est l’âge d’or du son jamaïcain, emblématique des rude-boys, celui qui inondera l’Angleterre peu après : dans les quartiers de relégation londoniens se mêlent immigrés jamaïcains et prolétaires blancs. Dans les sound-systems importés, ils vont inventer ensemble la culture Skinhead : le fameux « Spirit of 69 », populaire, festif, antiraciste.



L'émission : BCK MIR S02 EP07


Pour le plaisir :


mercredi 15 octobre 2014

SO2 EP06 : Selekta spécial Ska !



En complément de l'émission de la semaine dernière, une sélection entièrement consacrée à la naissance de la musique jamaicaine, directement liée aux sound systems. Au programme, du mento, du boogie américain, du shuffle jamaicain, et le ska dans toutes ses nuances. Avec toujours le sample de la semaine, la tarte hip hop, et la perle soul...

L'émission : BCK MIR SO2 EP06



Quelques images précieuses de la chouette série documentaire Deep Roots Music :




Vous pouvez retrouver le premier volet en intégralité là : Deep Roots Music "Revival"
Et la série en entier là : DRM (pas de sous-titres malheureusement, mais l'accent jamaicain est pas le plus dur à entraver, et la musique emporte tout)

L'album gratuit de Tree et Chris Crack :








La tracklist de l'émission :

01. TREE feat. Chris Crack - CUTS
02. The Skatalites - Man in da streets
03. BDP - Edutainment
04. Lord Tickler - Jackass & Ya Ma Mamaa
05. Hubert Porter - Mas Charley Bell
06. Gene Coy - Killer Diller
07. Owen Gray - I Feel Gool
08. Barbie Gaye - My Boy Lollipop
09. Lord Tanamo - I'm in a mood for Ska
10. Derrick Morgan - Blazing Fire
11. Owen Gray - Please Let me Go
12. Roy & Millie - We'll Meet
13. Stranger & Patsy - When I Call Your Name
14. Clive & Naomi - Open The Door
15. Alton Ellis - Dance Crasher
16. Ken Boothe - Uno Dos Tres
17. The Skatalites - Guns Of Navarone
18. The Skatalites - James Bond
19. The Baba Brooks Orchestra - Watermelon Man
20. The Skatalites - Silver Dollar (Mix 2)
21. Lester Sterling & Tommy Mc Cook - Inez
22. The Skatalites - Latin Goes Ska
23. Jackie Opel - You're Too Bad
24. Desmond Dekker & The Clarendonians - Rude boy gone a jail
25. The Clarendonians - Rudie Bam Bam
26. Stranger Cole With Duke Reid's Band - Rough And Tough
27. Clancy Eccles - Sammy No Dead
28. Robert Marley - Judge Not
29. Jimmy Cliff - King Of Kings
30. Ken Boothe - Let The Water Dry
31. Ken Boothe - You're No Good
32. Justin Hinds - River Jordan
33. Justin Hinds - Satan
34. The Techniques - I'm So In Love With You  
35. The Ethiopians - I'm Gonna Take Over Now
36. Desmond Dekker & The Aces - 007 (shantytown)
37. Hugh Godfrey - Mad World
38. Andy & Joey - You're Wondering Now
39. Curtis Mayfield - We The People who are Darker than Blue
40. Lloyd Charmer - Darker than Blue

vendredi 10 octobre 2014

S02 EP05 : Train to Skaville


On sait combien la naissance du rap est tributaire de ce qui s’est imaginé vingt ans plus tôt dans les sound-systems jamaïcains. La correspondance ne s’arrête pas là, tant la musique jamaïcaine est indissociable du passé esclavagiste et du présent ghettoïsé de l’île, et s’est créée dans un dialogue permanent avec les USA toutes proches.

L’abolition de l’esclavage en Jamaïque est déclarée en 1838. Comme aux Etats-Unis quelques décennies plus tard, elle va très vite déboucher sur un exode rural massif. La crise de 1929, puis le terrible ouragan de 1930, qui ravage les plantations, vont encore accentuer le phénomène. L’exploitation des ressources minières, la bauxite notamment, va finir de détruire l’économie agricole. Dans les villes principales, Kingston en tête, se forment des bidonvilles à perte de vue. On n’y trouve que chômage, misère, racisme. Beaucoup, pour fuir la catastrophe économique et sociale, vont émigrer aux USA, soit définitivement, soit pour survivre de travaux saisonniers, dans les champs de coton… L’influence américaine, économique et culturelle, n’ira qu’en grandissant. La musique des frères Noirs de là-bas s’importe : d’abord le jazz, puis le Rhythm and Blues. Les sound-systems qui naissent après la seconde guerre diffusent essentiellement des productions américaines. Les musiques « autochtones » quant à elles, comme le mento et le calypso, se jouent essentiellement dans les hôtels de luxe du Nord, la Jamaïque étant devenue une destination de choix pour la bourgeoisie blanche des States, qui se délecte de la légèreté si pittoresque de la musique des îles. Vers la fin des années 1950, les propriétaires des sound-systems les plus renommés vont monter leurs propres studios pour ne plus avoir à importer les disques et produire sur place une copie quasi conforme du R’n’B américain.

C’est dans ces studios que les musiciens insulaires vont imaginer peu à peu, en mélangeant le jazz et le mento, une version hybride qu’on appellera le « shuffle jamaïcain ». En approfondissant encore le style, ils vont finir par donner naissance à la première musique authentiquement jamaïcaine, le ska, reconnaissable entre mille par ce battement si spécifique, cette accentuation sur le temps faible, cette pulsation qu’on retrouvera dans toutes les musiques qui suivent : le « skank ». Ce jazz jamaïcain, musique de fête populaire et entraînante, va accompagner la fierté et l’espoir qu’offre l’indépendance de l’île en 1962. L’allégresse sera de courte durée, comme on le verra dans les épisodes suivants.

Fierté du ghetto, musique de descendants d’esclaves, début d’une révolution musicale. Ça nous rappelle quelque chose, non ?


L'émission : BCK MIR SO2 EP05
La Playlist : BCK MIR SO2 EPO5 PLAYLIST


Le fameux quadrille, évoqué en début d'émission :




Le clip tiré de l'album d' A-wax, Pulling strings, chroniqué sur le blog Fake for real, encore un hymne aux trafiquants, comme c'est original :




On se retrouve la semaine prochaine pour une sélection de deux heures, mento, shuffle jamaicain et ska !

jeudi 2 octobre 2014

S02 EP 4 : Selekta ! Spéciale Jamaican Dee Jays


Cette semaine, en complément de l'émission de la semaine dernière, une sélection spéciale Dee Jays jamaicains, grands cousins des rappers des débuts, les MC's des soirées du Bronx. On reste à Kingston donc, avec des versions, des originaux, des toasters, le tout avant la naissance officielle ( discographique) du Hip Hop en 1979.

L'émission : BCK MIR SO2 EP04

Tracklist de la sélection :

01. Count Machuki - More Scorcher
02. King Stiit (Dancehall 63) - Scandal
03. Sir Lord Comic & His Cowboys - Ska-ing West
04. King Stitt - The Ugly One (Aka Lee Van Cleef)
05. Count Machuki - Franco Nero
06. Dennis Alcapone - Power Version
07. Ken Boothe - Old Fashion way
08. Dennis Alcapone - Spanish Way
09. U Roy - Dynamic Fashion Way
10. J.D (The Roc) - Superbad
11. U Roy - Tom Drunk
12. Lee Perry - Dreadlocks in Moonlight
13. Mikey Dread - Dread At The Mantrols
14. Jah Lion - Soldier and Police War
15. Trinity - Three Piece Suit And Thing
16. Althia & Donnia - Uptown Top Ranking
17. Alton Ellis - It's A Shame
18. Dilinger - Crank Face
19. Dennis Alcapone - DJ's Choice
20. Prince Buster & Hopeton Lewis - Sound And Pressure
21. Sylford Walker - Chant Down Babylon
22. Cat Campbell - Hammering
23. Black Panta - White Man is Fuckery
24. Jah Lion - M. President
25. The Hot Rod All Stars - Lick It Back
26. Prince Francis - Rock Fort Shock
27. John Holt - Hooligan Version

Bill Withers, créateur de ce morceau indépassable :



Et pour le frisson, la sublime version Live de "Hope she'll be happier" au Zaire, pour le fameux concert Soul Power qui accompagnait le combat Foreman/Ali :



"Maybe the lateness of the hour makes me seem bluer than i am
But in my heart there's a shower
Hope she'll be happier with him"... Pour mes sentimentaux !

Sur Médine, et plein d'auutres trucs, vous pouvez faire un tour là-dessus : Quartiers Libres


jeudi 25 septembre 2014

S2 EP 3 : De Kingston aux ghettos de New York


Premier épisode de la « session Jamaïque » de Black Mirror. Parce que si le Hip-hop est le fruit d’une longue histoire musicale et sociale aux États-Unis, il plante également ses racines dans cette petite île voisine marquée au fer rouge, elle-aussi, par l’esclavage.
Dès les années 1950 fleurissent dans sa capitale, Kingston, des dizaines de « sound-systems », ces bals populaires de quartier autour d’une platine disque et d’enceintes monstrueuses : des « block parties » avant l’heure, au son du R’N’B américain puis de ses multiples adaptations à la sauce jamaïcaine. Pivot du sound, le « selector », celui qui trouve les disques, cherche les exclus, protège jalousement leur provenance quitte à effacer l’étiquette du vinyle. A ses côtés, le « Dee Jay ». Il dirige la danse, chauffe la foule, glorifie son équipe, ridiculise les sound-systems adverses… Petit à petit les techniques vocales se perfectionnent, et des versions instrumentales sont gravées spécialement pour lui, histoire de lui laisser la place de développer son style, de raconter des histoires, de prendre position pour le ghetto. Le rap était né, loin du Bronx. De nombreuses innovations des studios jamaïcains, fruits de géniaux bricoleurs, finiront par infuser toute la musique électronique et le rap en particulier : les faces B, le dub, la basse comme élément central, le remix…

Celui qui allait devenir Kool Herc a grandi à Trenchtown, une des nombreuses zones sinistrées de Kingston, qui a vu naître entre autres Bob Marley. Petit, il percevait les vibrations des sound-systems, vite devenus une institution dans les quartiers les plus pauvres et dangereux de l’île. Quand ses parents émigrent à New York, espérant trouver comme beaucoup une vie meilleure sur ces trottoirs enneigés, il va ramener avec lui cet art de passer des disques au coin de la rue pour faire danser ses frères et sœurs. Le « Selector » s’appellera DJ (Disc-jockey, celui qui chevauche le disque), le Dee Jay se nommera MC (Master of Ceremony, celui qui dirige l’office).
Ce sont donc tous les éléments incontournables de la révolution rap qui portent en eux la Jamaïque. Une bonne raison d’aller y voir de plus près.

Comme aux USA, la musique jamaïcaine est une musique du ghetto, une musique de descendants d’esclaves qui se battent pour retrouver leur dignité bafouée par des centaines d’années de torture et de ségrégation.


L'émission : BCK MIR S2 EP3














vendredi 19 septembre 2014

Saison 2, Episode 2 : Selekta !!!

Une semaine sur deux, Black Mirror vous propose une sélection de deux heures, tous styles, toutes époques, de musique africaine-américaine. Pas de playlist à télécharger, l'hébergeur - ou notre portefeuille - ne supporterait pas la charge. Formule allégée, pour qu'on puisse être présent toutes les semaines, toute l'année, et continuer à vous proposer des parcours thématiques dans l'histoire sociale de cette musique, sans s'épuiser ou sombrer dans le wikipedia.
Avec toujours le sample de la semaine, la perle soul, et la nouveauté qui scotche. Black Mirror est de retour. Préviens les autres !

L'émission : BCK MIR S.02 EP.02

La tracklist :

01. Eddie Holmann - Four Walls
02. Joe Buddden - Four Walls
03. Rocé - Le Métèque
04. Blade - Four Walls
05. Travis Scott feat. Young Thug  - Skyfall
06. Lil Herb - Koolin
07. Black Twang - So Hard
08. Jam Baxter - Chemical Sweats
09. Iamsu - Another Day
10. Lady Leshurr feat. Mz Bratt & Lioness - Female Fire
11. Jean Grae feat. Chen Lo - Threats
12. Shae Money & Chuuwee feat. Planet Asia - Lit... Loaded... Lost...
13. Big Shug - Tap Out
14. Fredro Starr - New York
15. Ann Peebles -  Unknown
16. Odetta - No More Aukkktion Block
17. The Webs- It's so Hard to Break a Habit
18. Cypress Hill - Untitled
19. Charles Bradley - The World (Is Going Up In Flames)
20. Roc Marciano - Hide My Tears
21. Della Humphrey - Don't Make The Good Girls Go Bad
22. Candi Staton - He Called Me Baby
23. El mIchels Affair - C.R.E.A.M
24. Bobby Blue Bland - You Wouldn't Treat A Dog
25. Eskicit - Parce Que
26. OV Wright- Ace Of Spades
27. Dee Dee Warwick - Suspicious Minds
28. Four Owls - Burning Vapour
29. Bobby Bland - I'll Take Care of You
29. The Left feat. Invicible - Statistics
30. Ali - Mon Ame Pleure
31. Justin Hinds - Say Me Say
32. Ken Boothe - I Don't Want To See You Cry
33. Etta James - I'd Rather Go Blind 



   
Les mixtape notables de Young Thug :

http://www.datpiff.com/pop-mixtape-download.php?id=m7bae3fc

(Cliquez sur l'image pour download)
















Young Thug & Bloody Jay





















Concert hommage à Killah P, à l'AP2P, Toulouse :


http://creatoulouse.squat.net/

dimanche 14 septembre 2014

Saison 2 : EPISODE PILOTE



Emission de rentrée, reprise des hostilités. Quelques révisions pour les mauvais élèves, quelques mises au point sur le principe de l'émission, et comme d'hab du pur son. On retourne aux origines, dans les champs de coton, on passe par les spirituals, on débouche sur la soul, le funk, le Hip Hop. Une seule et même musique, pour une condition sociale qui évolue si peu.

L'émission : BCK MIR S02 EP.1


mardi 26 août 2014

BOUCHE COUSUE # 2




Très peu de rap féminin jusqu'à présent dans Black Mirror. D'autant plus regrettable que ça rappe depuis le début chez les meufs, malgré un milieu et une industrie ouvertement machistes. Je connais mal, toute une vie de garçon derrière moi, mais taffe à ce que ça change. On va écouter beaucoup de femmes à la rentrée, puisqu'on va plonger dans la Soul et la musique jamaicaine. D'ici là, vous pouvez vous régaler avec cette sélection de Hip Hop féminin, offerte par Rima. Ca part dans tous les styles, mais ça kicke dur !
C'est par là : BOUCHE COUSUE#2

vendredi 22 août 2014

EPISODE BONUS : BLOCK PARTY



Black Mirror recevait mercredi dernier deux potos DJs qui venaient jouer pour la Block Party organisée le vendredi 15 août au squatt du Palmier à Saint Girons, en soutien à La Locale : Clément "trompette" et Dj Staz. L'occasion de discuter avec eux de leur rapport à la zik, et de faire un tour de leurs influences. L'occasion surtout d'écouter deux grosses sélections, jamaicaine pour Clem et Hip hop pour Staz.

L'émission : BCK MIR BONUS : BLOCK PARTY

Les Playlists : BCK MIR BLOCK PARTY PLAYLIST

Merci à ceux et celles qui sont venu-e-s faire la teuf avec nous, ou qui ont mouillé le maillot pour que ça se passe au mieux. Y'aura forcément un numéro 2, moins à l'arrache, et encore plus fat. Préviens les autres.
Crève le pouvoir, et vive La Locale !

NRBC : ICI
8'6 Crew : LA
Winchester United : Souncloud
Singe Des Rues : Plus Le Temps

mardi 5 août 2014

BLOCK PARTY !

 
La Locale, Le Palmier et Rizohm vous invitent, le vendredi 15 août de 21 h à l'aube, à une grosse soirée BlocK Party pour soutenir votre radio qui a besoin de tunes pour continuer à faire mal et à vous faire du bien. Un sound system Rocksteady / Hip hop / Soul dans un lieu autogéré à Saint Girons : Le squat du Palmier sur la route de Lédar. Pur son, bonne bouffe, punch maison. Laisse pas tes potes rater ça ! Fais passer le message.
Crève le pouvoir, et vive La Locale !

jeudi 24 juillet 2014

Episode 16 : "Independent as Fuck #2"

 


Deuxième partie de l'émission sur la vague Hip Hop indé des années 1990 / 2000 en compagnie de Sylvain Bertot, qui vient de publier l'ouvrage de référence sur le sujet. Cette semaine, on sort de New York pour s'intéresser aux autres Etats, en particulier la région de la baie, avec la turbulente scène issue des soirées Freestyle du Good Life Café, au coeur de South Central. On cause aussi des Blancs de la cambrousse qui se mettent au rap et inventent une nouvelle source d'authenticité, après le purisme street et Hip Hop : la sincérité. On termine par la relève ingrate du mouvement, avec une sélection de morceaux emblématiques des nouvelles scènes par Sylvain. Toujours du bordel en arrière plan, on a pas quitté le restau chinois, mais toujours autant de bon son.

L'émission : BCK MIR 16
La playlist : BCK MIR 16 PLAYLIST

Une petite salve de vidéos...

Les deux premières minutes du très bon film This is the life, pour donner envie :




Le film n'est pas sorti en France, il n'y a pas de version sous-titrée, mais il restitue bien l'ambiance du moment, avec les rares bandes filmées au camescope dégueu de ce qui s'y passait et plein d'interviews. Pas évident à trouver, mais y a une ou deux sources...

Les Freestyle Fellowships dans leurs oeuvres, back in da days :




Le Project Blowed, réuni en live une décennie plus tard :



Déjà old school à l'époque, le rap de dinos des Jurassic 5 :





Bon esprit, fraîcheur, rap en c(h)oeur :



Et les vieux viennent de sortir un morceau pas pire, toujours aussi à l'ancienne, donc pas plus démodé qu'il y a 20 piges :



La suite des vidéos par là :

jeudi 17 juillet 2014

Episode 15 : " Independent as fuck ! "




 
Cette semaine et la prochaine, on parle du "Rap indé", avec Sylvain Bertot, auteur de "Rap indépendant, la vague Hip Hop indé des années 1990/2000". Cette "vague" est née en opposition au rap grand public et formaté pour les radios, qui a prospéré au cours des années 1990, faisant du Hip Hop une nouvelle soupe commerciale. Les acteurs de cette scène indé, foisonnante et insoumise, ont fait exploser les frontières du rap : sociales, raciales, esthétiques. Un réseau de labels, de radios, de sites webs, de salles de concerts, s'est peu à peu mis en place pour se développer en dehors des majors. Cette semaine, la première partie de l'entretien est consacrée aux précurseurs new-yorkais du mouvement, et à leurs successeurs de la Côte est. C'est juste un petit tour d'horizon, de quoi donner envie de se replonger dans les disques de cette mouvance, il faudrait des semaines d'entretien pour faire le tour. Dig ! Un grand merci à Sylvain d'avoir accepté notre invitation. Vous pouvez le retrouver sur son blog Hip hop : Fake for real ou sur la fanpage du bouquin, avec plein de vidéos de l'époque.

L'émission : BCK MIR 15
La playlist : BCK MIR 15 Playlist 

Quelques vidéos :

Les papas :



KMD, groupe précurseur lui aussi, avant que Zev Luv X ne perde son frangin, et revienne plus tard sous le nom de MF Doom, archétype du rappeur indé :



Kool Keith, grand malade, un des parrains du genre lui aussi :












La suite des vidéos en cliquant là :

mercredi 16 juillet 2014

Episode 15, " Independent as Fuck", plus de vidéos...

La révolution Company Flow, un des groupes les plus influents de son époque, avec seulement un album :







La bande à Def Jux en tournée :



Cage dans ses oeuvres, Right right !



Aesop Rock, autre figure importante, pas eu le time d'en parler dans l'émission :



Jedi Mind ! Grande époque, avec Vinnie Paz maigre...



Ce gros porc de Necro, et je vous épargne le pire (un détournement d'I need love) :





Quand Eminem était indé :



Et l'imparable Ping Pong pour finir. A vous de fouiller pour la suite, aidés du bouquin de Sylvain Bertot...

samedi 12 juillet 2014

Episode 14 " Bravest man in the universe "




Hommage à Bobby Womack, grand monsieur de la Soul music, mort il y a quelques jours, après avoir traversé plus de 50 années de musique. Compositeur et guitariste, chanteur inoubliable, il a beaucoup écrit pour les autres, a posé sa guitare sur des disques de légende, mais a surtout sorti plus de 20 albums, dont certains sont restés des classiques. Un des artistes les plus influents et les plus samplés, une des voix les plus déchirantes de la musique noire. Les deux heures de la semaine lui sont entièrement dédiées.

L'émission : BCK MIR 14
La Playlist : BCK MIR 14 Playlist

jeudi 26 juin 2014

Episode 13 : Burn Hollywood Burn






En 1965, les émeutes de Watts ont redonné au ghetto un peu de fierté. On ne baisserait plus la tête devant les anciens maîtres. L’Amérique blanche a eu très peur ces années là. Tous les étés, des émeutes ravageaient les quartiers de relégation, et débordaient parfois dans les quartiers riches. Mais si les droits civiques ont été arrachés, en grande partie grâce à ces soulèvements, l’égalité réelle n’a jamais été obtenue. Trente ans après Watts, c’est à nouveau Los Angeles qui rappelle aux USA que ses ghettos sont en guerre. 

Comme souvent, ce sont des violences policières qui vont mettre le feu aux poudres. Mais cette fois, pas de rumeur, aucun doute possible : les camescopes ont fait leur entrée dans les foyers, et le monde entier voit le tabassage de Rodney King par une bande de flics racistes sur son écran de télé. Un déchainement de coups sur un homme à terre et désarmé. L’acquittement de cette bande de porcs par un jury blanc va déclencher les plus grosses émeutes que les USA aient connu, six jours de feu, de joie, de pillage. Un milliard de dollars de dégats. Ce n’est que l’arrivée de la garde nationale qui finira par ramener un calme précaire, au prix de dizaines de morts, de milliers de blessés et d’enfermés. Au delà des chiffres, ces journées irréelles ont marqué notre histoire à plus d’un titre. S’il est parti d’un quartier Noir, le soulèvement s’est vite répandu et ce sont tous les pauvres qui s’y sont mis, Noirs, Blancs, Latinos. Les gangs, qui se livraient une guerre fratricide terriblement meurtrière, ont signé un traité de paix, pour s’unir contre la police. La trève a survécu quelques années après les émeutes et le nombre de meurtres entre frères a diminué de manière significative. Le monde entier a eu les yeux rivés sur Los Angeles cette semaine-là, découvrant des scènes de chaos sur le sol américain. L’Amérique n’était pas invulnérable, et ses ghettos menaçaient de la ravager pour de bon. 

Une des nombreuses conséquences de ce soulèvement fut l’explosion du gangsta rap, comme si on voulait comprendre ce qui se passait dans ces ghettos ensoleillés pour qu’ils puissent se montrer aussi dangereux. La musique elle-même fut transformée. On passa d’un rap rude, aux sonorités agressives très influencées encore par New-York, à un son plus apaisé, festif, « laidback ». Un son qui accompagne des virées en bagnole, joint de Chronic à la bouche, un son qui dit la fierté d’avoir fait trembler les maîtres, d’avoir su réconcilier Bloods et Crips pour un temps, d’avoir remis la police à sa place. Un son qui ne s’excuse pas, qui ne se plaint pas, un son insolent, qui ne revendique pas, un son qui va changer pour longtemps la face du Hip Hop.

                    BCK MIR 13 LA RIOTS FACE B

La Playlist : BCK MIR 13 PLAYLIST 

mardi 24 juin 2014

LA Riots Vidéos

La vidéo de Disco Wiz où il explique l'influence du Black out de NYC en 1977 sur la culture Hip hop naissante :











Un film plein de défauts, mais avec deux trois trucs précieux, notamment le départ de l'émeute à South Central : Uprising, Hip-hop and the L.A riots

Extraits de ce que Matthew Mac Daniel a filmé juste après le rendu du verdict à l'AME Church de South Central :



Puis le départ, avec notamment les images montées en épingle du Rodney King à l'envers subi par Regginal Dennie au croisement de Normandie et Florence :



La suite des vidéos en cliquant sur le lien :

samedi 21 juin 2014

jeudi 19 juin 2014

Episode 12 : " There's a riot goin' on "





Cette semaine, un nouvel épisode sur la révolte, après en avoir consacrés beaucoup à la souffrance et l'aliénation.

C’était il y a pile un demi-siècle. C’était hier. Le quartier de Watts à Los Angeles s’embrasait, ouvrant la voie de ce qu’on allait appeler les hot summers : tous les étés, jusqu’à la fin des années 1960, les quartiers Noirs se soulevèrent, la plupart du temps en réaction à des violences racistes ou policières.

1965 marqua un tournant pour le « Mouvement des droits civiques », qui visait à obtenir l’égalité des droits, la fin de la ségrégation, la dignité. En Mars, la marche de Selma à Montgomery, dirigée par le révérend Martin Luther King, chantre de la non-violence, était réprimée dans le sang. Un mois plus tôt, Malcolm X était assassiné par des fidèles de la Nation Of Islam – vraisemblablement pilotés par le F.BI – qu’il avait quitté l’année précédente, en conflit ouvert avec les positions racistes et la vie dissolue de son dirigeant. Depuis la campagne de boycott des bus lancée dix ans auparavant à Montgomery, tous les moyens non-violents semblaient avoir été employés : sitt-in, marches, boycotts, inscription sur les listes électorales… et se heurtaient toujours au même mur du racisme structurel américain. Le modèle intégrationniste prôné par Luther King et ses apôtres commençait à être sévèrement critiqué par la rue, qui ne tarda pas à le manifester, d’une manière moins polie que ses pseudo-dirigeants. Surtout, l’égalité formelle réclamée dans le Sud semblait dérisoire pour le peuple des ghettos du Nord, le grand oublié des revendications, qui subissait pourtant une ségrégation plus sournoise mais tout aussi écrasante, géographique, économique, sociale. Entassés dans des quartiers pourris rongés par la pauvreté, le chômage, la drogue, les violences policières, on savait bien que tendre la main avec amour ne suffirait pas.

A Watts, c’est un contrôle routier qui tourne mal qui mit le feu aux poudres. Du 11 au 17 août, environ 1000 bâtiments furent détruits, une trentaine de personnes tuées, en partie par la police, 4000 arrêtées. 35 millions de dollars de dégâts. Puis vint Detroit en 1967. Puis des centaines de ville en 1968, après le meurtre de Luther King. L’atmosphère avait changé. Il n’était plus question de baisser la tête, d’encaisser les coups en silence. Carmichael, issu du mouvement des étudiants non violents, lança le Black Power. Sur les cendres de Malcolm et Watts se dressèrent les Black Panthers. La musique elle-même, malgré un marché du disque plus que frileux, finit par s’en mêler.

Quand le peuple force ses leaders auto-proclamés à se radicaliser. Quand les artistes sont sommés de prendre position. Quand la peur change de camp, enfin.

L'émission : BCK MIR 12
La playlist : BCK MIR 12 PLAYLIST



Comment elle les regarde les bien-propres-sur-eux... Elle finira plus tard par regretter ses engagements, estimant que ça lui a fait rater sa carrière. Nina Simone, comme beaucoup, a mal vieilli, des histoires circulent sur son antisémitisme maladif à la fin de sa life, la fréquentation de Farrakhan et l'abus de tise et d'égocentrisme n'y sont sans doute pas pour rien ; mais à cette époque elle irradie. La chanson a été interdite dans plusieurs Etats du Sud, notamment à cause du blasphème.

Les paroles :

Alabama's gotten me so upset
Tennessee made me lose my rest
And everybody knows about Mississippi Goddam

Alabama's gotten me so upset
Tennessee made me lose my rest
And everybody knows about Mississippi Goddam

Can't you see it
Can't you feel it
It's all in the air
I can't stand the pressure much longer
Somebody say a prayer

Alabama's gotten me so upset
Tennessee made me lose my rest
And everybody knows about Mississippi Goddam

This is a show tune
But the show hasn't been written for it, yet

Hound dogs on my trail
School children sitting in jail
Black cat cross my path
I think every day's gonna be my last

Lord have mercy on this land of mine
We all gonna get it in due time
I don't belong here
I don't belong there
I've even stopped believing in prayer

Don't tell me
I tell you
Me and my people just about due
I've been there so I know
They keep on saying 'Go slow!'

But that's just the trouble
'Do it slow'
Washing the windows
'Do it slow'
Picking the cotton
'Do it slow'
You're just plain rotten
'Do it slow'
You're too damn lazy
'Do it slow'
The thinking's crazy
'Do it slow'
Where am I going
What am I doing
I don't know
I don't know

Just try to do your very best
Stand up be counted with all the rest
For everybody knows about Mississippi Goddam

I made you thought I was kiddin'

Picket lines
School boy cots
They try to say it's a communist plot
All I want is equality
For my sister my brother my people and me

Yes you lied to me all these years
You told me to wash and clean my ears
And talk real fine just like a lady
And you'd stop calling me Sister Sadie

Oh but this whole country is full of lies
You're all gonna die and die like flies
I don't trust you any more
You keep on saying 'Go slow!'
'Go slow!'

But that's just the trouble
'Do it slow'
Desegregation
'Do it slow'
Mass participation
'Do it slow'
Reunification
'Do it slow'
Do things gradually
'Do it slow'
But bring more tragedy
'Do it slow'
Why don't you see it
Why don't you feel it
I don't know
I don't know

You don't have to live next to me
Just give me my equality
Everybody knows about Mississippi
Everybody knows about Alabama
Everybody knows about Mississippi Goddam



Le discours complet : Message to grassroots





L'esthétique de la Motown, mais un hymne des émeutes... Un journaliste qui demande deux ans plus tard aux Jackson 5 ce qu'ils pensent de la situation politique se fait couper par un responsable de cette usine à tubes qui vient de les signer : " Les Jackson 5 sont un produit commercial, ils ne pensent rien "



L'impayable arrivée d'Isaac Hayes le mégalo, et le révérend Jackson qui peut pas prononcer le "Bad motherfucker", ni le "Black Moses" :



Richard Pryor, encore inconnu, j'espère que vous comprenez un peu l'anglais, pas trouvé de version sous-titrée. "That nigger is crazy !"




Le film complet : WATTSTAX

Les Last Poets, merci à Monsieur Blod pour ce lien précieux :




La semaine prochaine, on parlera pas mal des émeutes de L.A en 1992, pour continuer la micro histoire musicale des révoltes. Navré pour les imprécisions et les caricatures, le temps est trop compté, le sujet trop vaste, les talents d'orateur trop maigres. On espère juste que ça vous donnera envie de creuser. Dig it !

jeudi 12 juin 2014

Episode 11 : Kunta Kinte

 



Tiers-monde de l'équipe Din-records a sorti un album qui s'appelle "Toby or not Toby". Toby, c'est le nom que les planteurs esclavagistes font accepter à coups de fouets au héros du roman d'Alex Haley, Racines, sorti en 1976, et qui a fait grand bruit à l'époque, parce qu'il allait contre le cliché tellement ancré de l'esclave heureux de son sort, paresseux et souriant, ce Jim Crow dont on a parlé il y a quinze jours. Le vrai nom de Toby, c'est Kunta Kinte, mandingue de Gambie, kidnappé à l'adolescence alors qu'il était promis à un destin de grand guerrier. Medine nous avait raconté cette histoire dans un de ses plus beaux morceaux sur son album Arabian panther :



Les images sont tirées de la série télé sortie en 1977, et qui a battu des records d'audience à l'époque (la moitié des ricains devant leur télé !). Alex Haley, c'est le biographe de Malcolm X, et si on a depuis remis en cause la véracité de ce qu'il raconte dans Racines, présenté comme l'histoire transmise de génération en génération de sa famille, son bouquin donne quand même un récit de la vie des esclaves bien loin de La Case de l'Oncle Tom. On y voit l'insoumission, le désir ardent d'évasion, la volonté farouche de se rappeler d'où l'on vient, de sauver son histoire, son identité, ses croyances. Les maîtres craignaient les esclaves plus qu'on ne le pense, et chaque révolte a vu se durcir encore plus les codes régissant leur asservissement. Un moyen de contrôle plus pernicieux encore fut la division orchestrée au sein des esclaves eux-même, tout un système hiérarchique entre favoris et bétail humain, raconté avec humour par Malcolm X, qui y voit l'origine d'une division pérenne au sein du peuple noir :



Il y a pourtant eu des révoltes collectives, quelques 250 sur le sol américain, selon des chiffres difficiles à vérifier, dont la plus célèbre et la plus sanglante est celle de Nat Turner en 1831. Ailleurs, certaines furent victorieuses, comme celle des maroons de Jamaique, dont on reparlera forcément quand on ira faire un tour dans le Rocksteady.



Le clip de Tiers-Monde, Toby or not Toby :



Et la scène de la série, aux nombreux défauts, mais qui marqua une nouvelle étape dans la prise de conscience de l'histoire réelle de la présence Noire aux USA :



Cette semaine, on parle aussi de la sortie du numéro 39 du journal L'Envolée, pour en finir avec toutes les prisons. Une soirée de présentation aura lieu le 19 juin à La Chapelle, à Toulouse. Plus d'infos sur le site du journal. Force, courage et détermination aux enfermés, à Seysses ou ailleurs.
Cliquez sur l'image pour accéder au site :

www.lenvolee.net


On parle encore de Lil Herb, jeune enragé de la scène drill de Chicago, dont la mixtape Welcome to Fazoland est la vraie tarte de ce début d'année :



Les meufs ne sont pas en reste dans le Drillinois :




Et on finit par Vince Staples, qui vient de sortir sa mixtape Shyne Coldchain vol. 2, excellente et gratuite. On y mesure le chemin parcouru depuis ses débuts nihilistes avec la bande d'Odd Future. La plupart des tracks envoient le frisson, notamment quand il parle de son père gangsta, ou de l'esclavage moderne...
Odd Future, pour mémoire :









Et Vince Staples, maintenant :



A la semaine prochaine ! Merci d'être à l'écoute, et de faire passer le message. Hésitez pas à nous abreuver d'infos, de précisions et autres corrections dans la rubrique "Contact" en haut de page.

L'émission : BCK MIR 11 "Kunta Kinte"
La playlist : BCK MIR 11 Playlist

Pour une explication de texte de la chanson "Follow the drinkin' gourd" : FOLLOW

jeudi 29 mai 2014

Episode 10 : Strange fruit



L’émancipation de 1865, censée libérer tous les esclaves des Etats du Sud, n’est pas du goût de tout le monde. Elle accorde le droit de vote et l’égalité formelle aux Noirs, et va être vécue par les suprémacistes blancs comme une profonde défaite, une atteinte humiliante au « mode de vie » ancestral sudiste.

Dès la fin du XIXème vont se mettre en place dans ces Etats des séries de lois, écrites ou non, qui vont régenter les rapports entre Noirs et Blancs, pour perpétuer la séparation totale entre eux, et maintenir la domination absolue du pouvoir blanc sur les anciens esclaves. Ces lois de ségrégation vont prendre le nom de « lois Jim Crow », en référence à un personnage célèbre de « minstrels shows », ces spectacles itinérants dans lesquels les comédiens blancs se noircissaient le visage au charbon, et singeaient les Noirs du sud : Jim Crow est paresseux, libidineux, animal, voleur, sournois… Les lois qui prennent son nom vont sévir jusqu’à la fin des années 60. Dans tous les espaces publics, les Noirs ne doivent pas se mélanger aux Blancs. Train, bus, bars, restaurants, toilettes, trottoirs. Les Noirs doivent adopter le comportement servile qui leur est réservé. En sortir peut leur coûter la vie. Le KKK, milice suprémaciste, prend son essor et réunit de nombreux notables, y compris des hommes de Loi. La pratique du lynchage s’instaure assez massivement : on torture et on exécute sans procès, avec parfois une participation active d’une grande partie de la population blanche, le but étant de maintenir par la terreur toutes les anciennes règles esclavagistes.

Dans les années 1930, Billie Holiday, chanteuse de cabaret du Nord, a chanté cette sinistre tradition qui a tué des milliers d’hommes et de femmes, dans le sublime morceau « Strange Fruit » qui lui colla à la peau jusqu’à la fin de ses jours. A l’origine, un beau poème écrit par un prof juif communiste new-yorkais, Abel Meeropol, pour un journal syndical. Mais Billie, qui ne s’était jamais mêlée de politique auparavant, y mit une telle intensité dramatique, semblant charrier dans sa voix des siècles de souffrance, que ce morceau devint le sien, et le symbole de la lutte pour une réelle émancipation. Une des premières « Protest songs » africaines-américaines, un monument de l’histoire des vaincus, un hymne du Mouvement..

L'émission : BCK MIR 10
La playlist : BCK MIR 10 PLAYLIST



Le sample de la semaine est tiré de la BO de Foxy Brown, l'original, avec la terrible Pam Grier :



Masta Ace, c'était le Juice crew, grande époque, golden age à New York. Souvenirs :







Il a quasiment fait que des albums de fou...

Maintenant c'est un peu des vétérans les lascars, mais ça rappe encore...



Punchline et Wordsworth, c'était ça quand même...










Plus de vidéos en cliquant sur le lien :